Pourquoi j'ai voté contre l'inscription de l'interdiction du glyphosate

18.09.2018

Dans la nuit de vendredi, j’ai voté, comme 33 autres députés, contre l’amendement porté par mon collègue François-Michel Lambert, qui voulait inscrire dans la loi l’interdiction du glyphosate. Ce vote, identique à celui pris en juin, a déclenché beaucoup d’incompréhension de votre part. 

Je tenais à expliquer, dans la bienveillance et dans le respect de chacun, les raisons qui m’ont poussé à voter contre l’inscription dans la loi de l’interdiction du glyphosate.

 

Je tiens à le rappeler clairement, nous avons tous l’objectif de sortir du glyphosate d’ici trois ans. La majorité présidentielle et le gouvernement sont unanimes et déterminés pour atteindre cet objectif. La réduction de l’utilisation des pesticides est une urgence, que le Président de la République a rappelé avec détermination. Nous tiendrons cet objectif. Reste que son inscription dans la loi aujourd’hui venait à infliger une sanction aux seuls agriculteurs alors même que nombreux d’entre eux sont dans l’incapacité aujourd’hui de faire la transition vers une agriculture sans pesticides. 

 

Se donner les moyens de réussir. 

 

Voter cet amendement venait à défaire l’ensemble du travail effectué depuis juin.  Le Gouvernement a lancé un groupe de travail, réunissant les syndicats agricoles, les chambres d’agriculture, les instituts de recherche, les distributeurs, les industriels et les services de l’Etat pour échanger sur les bonnes pratiques, recenser les alternatives existantes et en trouver de nouvelles. De plus, les députés se sont saisis d’une mission d’information, commune aux députés ayant voté en faveur et contre l’amendement, sur le suivi de la stratégie de sortie du glyphosate, qui débutera à la fin du mois et qui devrait accompagner les différents acteurs vers cet objectif. 

 

Cette démarche a déjà fait ses preuves et au-delà du glyphosate, nous avons déjà réussi à réduire l’utilisation de produits phytopharmaceutiques en interdisant remises, rabais et ristournes sur ces produits. Nous avons interdit l’ensemble des néonicotinoïdes, rendu incompatible les activités de conseil et de vente de produits phytopharmaceutiques pour éviter toute sorte de conflits d’intérêt et de surventes. Nous nous sommes engagés à atteindre 15% des surfaces agricoles dédiées à l’agriculture biologique, et 20% de produits bio sur 50% de produits locaux, sous signes officiels de qualité dans les cantines. 

 

Le travail doit aussi être européen. Alors que d’autres pays européens autorisent ces pratiques et que leur production peut se retrouver librement dans nos marchés, l’inscription dans la loi de l’interdiction du glyphosate n’aurait pas atteint le résultat souhaité. C’est la raison pour laquelle le Président, Emmanuel Macron a souhaité en novembre 2017, que l’Union européenne réduise la durée d’autorisation du glyphosate à 5 ans. Alors que certains états souhaitaient renouveler la durée d’autorisation à 15 ans, nous avons réussi, grâce à un travail de collaboration, à réduire cette période. Dans un marché intérieur ouvert, il est essentiel que les mêmes règles s’appliquent à tous les agriculteurs de l’Union européenne.

 

Enfin et surtout, alors qu’un tiers des paysans gagne moins de 350€ par mois, nous ne pouvons pas imposer un tel changement à une profession qui souffre déjà bien assez. Le poids des réformes ne peut incomber aux seuls agriculteurs. Je pense que nous devons plutôt accompagner les différents acteurs dans leur transition, afin que l’intérêt général soit atteint. La transition agricole est en cours, et nous n’avons pas besoin de loi idéologique pour cela. Nous travaillerons ensemble à la sortie du glyphosate. 

Share on Facebook
Share on Twitter
Please reload

Posts Récents
Please reload

Archives
Please reload

Rechercher par Tags
Please reload

  • Icône sociale YouTube
  • Icône social Instagram
  • LinkedIn Social Icon
  • Facebook Social Icon
  • Twitter Social Icon

95, rue de l'Université
75007, Paris, France